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Plus qu'un coup de cœur, Cette création de la compagnie, correspond à l'aboutissement ou plutôt l'étape d'une histoire, d'une collaboration professionnelle, une envie vieille de 12 ans.
En effet, Bénédicte et Dominique avaient depuis longtemps le désir d'être seules en scène sur un spectacle qui serait un écho à leurs histoires de femmes, un reflet de leurs «bavardages intempestifs», un miroir de leur énergie commune et distincte et de leur complicité sur scène. En 2004, elles décident donc de créer un spectacle qui donne la parole aux femmes, un spectacle où ça parle beaucoup ou plus du tout. Un spectacle drôle et tragique tout à la fois.
En fil rouge, de courtes scènes inspirées de l'univers de la BD qui parlent des femmes avec humour et dérision. Apparaissent, dans ces scènes, clichés, caricatures et stéréotypes autour de l'image des femmes et en particulier l'apparence: le poids, la chirurgie esthétique. Pour monter ces scènes, les deux comédiennes empruntent à la BD, une forme, une façon de dire les choses: il ne s'agit pas de coller à la BD mais de s'imprégner de ses thèmes et de la façon de les traiter : pas de temps mort ; la parole est simple ; les situations comiques. Pas d'explication. Les choses sont posées. Pas de psychologie des personnages, pas d'émotions à fleur de peau. Sur scène, les comédiennes poussent à fond chaque trait que ce soit avec les mots et avec leur corps. Sans quil y ait recherche «d'arrêts sur image», de vignette, comme dans les images de BD, elles ont travaillé avec cette idée pour tirer sans cesse encore plus loin l'exagération.
Entre ces scènes, nous proposons des textes empruntés à un auteur contemporain, Xavier Durringer, où les femmes parlent encore d'elles mais autrement. Ainsi, derrière l'humour des premières scènes, les monologues percent à jour les souffrances, les failles, les doutes. Les monologues de Durringer plongent le spectacle dans un autre univers. Peut-être pour interpeller le spectateur sur ce qui peut constituer l'arrière plan de toutes les scènes bâties autour de la BD. Il sagit toujours des mêmes femmes mais sous une autre lumière. Ce qui nous intéresse dans ce choix éclectique des textes, c'est de montrer la dualité, le dédoublement, le paradoxe dans lesquels évoluent les femmes. Derrière le cliché simpliste, des doutes permanents, des souffrances profondes. Et c'est tout cela qui nous touche parce que nous sommes femmes, parce que nous nous inquiétons devant un petit bourrelet, les premières rides parce que nous crions, pleurons quelquefois à l'intérieur parce que le doute, la culpabilité, l'impuissance, Et que malgré tout, l'humour revient toujours et les rires ramènent à cette simple phrase «la vie n'est pas sérieuse».
Deux comédiennes porteuses donc de leur propre parole et d'une parole plus universelle.

Comment cette création est née?

En travaillant en 2004 sur un projet autour du couple «Toi Moi.. Nous deux», il y avait l'idée d'insérer des textes sur les femmes ou écrits par des femmes et qui montreraient les femmes dans leur quotidienneté quelle soit drôle ou tragique de la BD et des textes. En découvrant l'univers de la BD et ce qui pouvait être adapté pour le théâtre l'envie est rapidement venue de mettre cet univers comme trame possible d'une création. Une création qui serait jouée uniquement par des femmes.
Alors nous avons commencé à écouter les femmes autour de nous, amies, famille, à prendre au vol les conversations dans les magasins, les salles dattente. Et quelques thèmes sont apparus dont deux en particulier que nous avons retenus : l'apparence physique et le vieillissement. Les femmes surtout à partir de trente ans parlent beaucoup de l'aspect physique, des kilos à perdre, des rides, du corps qui change, de la chirurgie esthétique. Très souvent elles se sentent agressées par une image idéale montrée à la télé et dans les magazines. Très souvent elles se sentent piégées par ces images. Et tout en voulant être détachées, elles saperçoivent qu'elles ne peuvent résister à ces images. Derrière tout cela ou en parallèle, les femmes parlent de leur vie, leur problème de couple, de solitude, d'incompréhension, de communication avec l'autre, l'autre étant souvent «l'homme». Ainsi, les histoires tragiques, les drames familiaux qu'on murmure, apparaissent en plein milieu d'une conversation, en pleins rires ...


C'est cette dualité, ce paradoxe de la parole féminine que nous voulons mettre sur scène: D'un côté, les femmes qui se regardent sans concession, rient d'elles mêmes, sangoissent du kilo pris, de la robe qui boudine, du sport que décidément elles n'arrivent pas à pratiquer régulièrement, de cet éternel vêtement qui manque dans sa garde-robe. Pour parler de tout cela nous avons choisi l'humour.
Mais derrière l'angoisse d'un corps parfait, des solitudes, des blessures profondes, une incompréhension. Des femmes blessées par des hommes qui n'ont pas su les aimer ou qu'elles no'nt pas su aimer, qu'elles ont mal choisis. La solitude de celles qui vont d'échec en échec.
Dans le spectacle, toutes les scènes où les femmes regardent sans pitié leur corps sont comme un leitmotiv, comme un rappel permanent à cette image que lon veut montrer au monde de soi-même, image rêvée Mais fabriquée.
Et ces deux trames sont indissociables, entremêlées.

Dominique Chevaucher & Bénédicte Lafond
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